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800 millions d’internautes

vendredi 22 avril 2005, par Luc Blanchard

Les ordinateurs sont apparus dans les années 1950,

les réseaux dans les années 1970,

l’Internet et l’ordinateur individuel dans les années 1980,

le web dans les années 1990.

Le choc de 1957

En 1957, en pleine guerre froide, l’Union soviétique stupéfait l’Amérique en propulsant son Spoutnik dans l’espace. Cette prouesse technologique inquiète les militaires américains qui redoutent une attaque de leurs centres de commandement. Ils se prennent à rêver d’un système de communication distribué, invulnérable. Les universitaires de leur côté cherchent à rentabiliser de coûteux ordinateurs en les rendant accessibles à distance. Larry Roberts, jeune informaticien spécialiste de l’architecture des réseaux, sut conjuguer arguments stratégiques et économiques pour promouvoir la mise en place de réseaux d’ordinateurs. La difficulté majeure consistait à faire communiquer des ordinateurs différents, utilisant des langages distincts.

La solution technique

La solution retenue reposait sur la création d’une langue véhiculaire, partagée par tous les ordinateurs du réseau, le Network Control Protocole (NCP). Elle utilisait également « la communication par paquets », une manière de découper les messages en morceaux afin qu’ils circulent plus facilement. Enfin un mini-ordinateur, l’IMP, était placé en avant de chaque ordinateur destiné à être branché sur le réseau. Cette « petite » machine avait la taille d’un réfrigérateur.

1974 l’acte de naissance d’Internet

En septembre 1969 le premier IMP est installé à l’Université de Californie, dans les mois qui suivirent les principaux centres universitaires des Etats-Unis furent connectés. Arpanet venait de naître. En Europe plusieurs projets similaires se développaient. Louis Pouzin, dès 1971, expérimente le réseau français, c’est le projet Cyclades. Restait à créer un nouveau protocole de communication susceptible de permettre à tous les ordinateurs et surtout à tous les réseaux de se connecter entre eux. En 1974 Vint Cerf, qui avait déjà participé à l’élaboration du protocole NCP, publie les spécifications d’un nouveau protocole intitulé TCP (Transmission Control Protocole) qui connaîtrait plus tard la célébrité sous le nom de TCP/IP. Internet venait de naître. Le réseau des réseaux permettait, à cette époque, à des scientifiques d’échanger des courriers électroniques et de transférer des fichiers.

L’ordinateur se démocratise

Le début des années 1970 fut également marqué par l’arrivée des mini-ordinateurs qui n’excédaient pas le budget des universités et des PME. Grâce à Unix, un système d’exploitation multitâche, et au développement de l’offre logiciel l’informatique sort petit à petit du giron des scientifiques. L’informatique de masse devra attendre l’arrivée des micro-ordinateurs. L’Apple II qui voit le jour en 1977 marque le vrai démarrage de la micro. Il sera suivi en 1981 du PC d’IBM mais ce n’est qu’en 1983 que la société Apple commercialise Lisa un ordinateur à interface graphique susceptible d’intéresser les non informaticiens.

La naissance du World Wide Web

Le WWW naît en 1989. Il repose sur l’utilisation de l’hypertexte et d’une norme de codage des documents, le HTML (Hypertext Maarkup Language). Les hypertextes ce sont ces liens que l’on trouve sur tous les sites Internet et qui permettent de circuler de multiples façons entre les éléments qui les constituent. A l’époque le logiciel qui permettait de lire ces pages, le navigateur, ne permettait d’afficher que des textes. Tout va changer à partir de mars 1993 quand une équipe d’informaticiens met au point Mosaic, un navigateur qui permettait de lire des pages multimédias. Désormais ce n’est plus seulement le texte mais aussi l’image et le son qui sont à portée de souris. Le WWW, appelé aussi web, W3 ou la toile, va se développer à un rythme tel qu’il devient synonyme d’Internet.

Trente ans pour conquérir le monde

Le nombre d’utilisateurs d’Internet est depuis 30 ans en progression exponentielle. Aujourd’hui 800 millions d’internautes se retrouvent sur le réseau et l’information voyage en temps réel d’un bout à l’autre de la planète. Les inégalités devant la technologie restent néanmoins criantes. Il suffit de rappeler que la moitié de l’humanité n’a jamais eu l’occasion de donner un seul coup de téléphone pour mesurer le fossé qui en la matière sépare les pays riches des pays pauvres.


Câble ou satellite ?

Au début des années 1970 le domaine du transport des données restait encore à explorer. Fallait-il utiliser le câble, comme pour le téléphone ou la voie des aires, comme pour la radio ? L’utilisation des signaux hertziens intéressait les militaires qui pouvaient utiliser leurs satellites de communication comme relais. Cependant étant donné l’énormité des distances en jeu, la durée moyenne du voyage d’un paquet jusqu’à sa destination est d’environ un tiers de seconde, soit trois fois le temps nécessaire pour la même opération sur le câble.
Un réseau satellite appelé Satnet a fonctionné pour les liaisons transatlantiques jusqu’à ce que les fibres optiques remplacent les câbles de cuivre.

La résistance des compagnies de téléphone

Internet est un réseau structuré comme les mailles d’un filet. Les documents, transmis par paquets peuvent emprunter différents chemins pour atteindre leur destination. Le système repose sur l’intelligence de « routeurs » qui aiguillent les paquets vers le chemin le plus court et se charge d’envoyer un accusé de réception. Les compagnies de téléphone établissent quant à elles des liaisons « de bout en bout » privilégiant la notion de circuit censé garantir la fiabilité et le contrôle des réseaux. Dans les années 1970 les compagnies de téléphone ne croyaient pas à Internet et elles firent capoter les expérimentations anglaises et françaises.

Le tout numérique

Les ordinateurs travaillent avec deux signes le 0 et le 1 qui correspondent à l’ouverture et à la fermeture d’un circuit électrique. En 1963 les Américains inventent un code, l’ASCII, fondé sur des séquences de sept chiffres (27=128 combinaisons possibles). Ce code suffit pour coder l’alphabet, les chiffres et les signes de ponctuation mais il néglige les accents et ne permet pas de traduire des alphabets non alphabétiques. Heureusement le code peut être étendu à 16 bits (216 = 65 536 combinaisons) et même à 32 bits. Cela se révèlera particulièrement utile quand il s’agira de coder du son ou des images.

Le premier micro

Le premier micro-ordinateur entièrement assemblé et vendu prêt à fonctionner était français. Le Micral N a été commercialisé par la société R2E en 1973.

L’arobase

Ray Tomlinson en inventant le courrier électronique sur Arpanet en 1972 cherchait un moyen de séparer, dans l’adresse du courrier, le nom de l’utilisateur de celui de la machine utilisée. Il choisit @ parce qu’il était peut utilisé et qu’il signifie « chez » (at en anglais). L’adresse devient donc tomlinson, chez, adresse de son ordinateur.
L’on prévoit que plus de 36 milliards de courriels seront échangés chaque jour en 2005.

Les trois sages

Pour gérer l’évolution de la toile et conjuguer les intérêts publics et privés il existe un consortium, le W3c placé sous la responsabilité conjointe de Massachusetts Institue of Technology (MIT) aux États Unis, de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) en France et le l’université de Keio au Japon.

Liste de discussions contre androïde

Au printemps 1977 Quasar Industries présente Quasar, un robot domestique mesurant 1,62m pour 109 kg. Susceptible d’exécuter une douzaine de tâches ménagères élémentaires : balayer le plancher, tondre la pelouse, faire la vaisselle, servir des cocktails... on le dit doté d’une personnalité, doué de parole ! Il peut, affirme ses inventeurs « enseigner le français aux enfants » et « continuer à les instruire pendant leur sommeil ». La presse américaine propage la nouvelle. La communauté scientifique en discute sur l’Apranet. Intervenant sur la liste de discussion MsgGroup, les spécialistes de l’intelligence artificielle dénoncent une supercherie, mais ont-ils le droit d’utiliser des installations du gouvernement pour dénigrer une entreprise ?
Après d’âpre débats il fut admit que n’importe quel sujet pouvait être abordé sur le net.

Portraits

Larry Roberts
Formé dans le vivier du Lincoln lab, Larry Robert avait, outre sa compétence en informatique et en télécommunication, un vrai talent de gestionnaire. C’est lui qui à 29 ans prit la direction du projet Arpanet. Au début de 1967 son idée est de mettre en place un réseau reliant 4, puis 19 centres de recherche informatique. Deux ans plus tard c’est chose faite !
Il avait également chronométré ses déplacements dans le labyrinthe des couloirs du Pentagone. Les « routes de Larry » étaient réputées pour être le plus court chemin d’un point à un autre !

Louis Pouzin
Ancien élève de l’École Polytechnique et du Massachusetts Institue of Technology (MIT) Louis Pouzin est souvent présenté comme le grand-père d’Internet. C’est lui, en effet, qui en 1971 invente le datagramme, un bloc de données contenant toutes les informations nécessaires à son acheminement. Il compare le datagramme à une voiture allant de Rennes à Limoges en suivant l’itinéraire de son choix alors que les paquets sur un circuit virtuel sont plutôt les wagons du train Rennes-Limoges. Ce concept fut reprit par Vinton Cerf qui, avec Robert Kahn, publiera quelques années plus tard les spécifications du protocole TCP.

Vinton Cerf
Élève brillant, le père d’Internet aurait pu partager sa vie entre ses deux passions : les mathématiques et la littérature de science fiction, mais au début des années 1960, ses études secondaires terminées, il découvrit l’informatique. « Il y avait, dit-il, quelque chose d’extraordinairement attirant dans la programmation. Vous fabriquiez votre propre univers et vous en étiez le maître. L’ordinateur faisait tout ce pour quoi vous le programmiez. C’était un incroyable tas de sable dans lequel chaque grain était sous votre contrôle »

08/09/2005 : Google recrute l’un des "pères fondateurs" de l’Internet Vinton Cerf, qui a contribué à l’élaboration du protocole TCP/IP, rejoint l’équipe dirigeante du célèbre moteur. Avec un poste de gourou créé sur mesure pour souligner la remarquable contribution de cet ingénieur informaticien à la création du protocole TCP/IP donnant accès à la richesse du World Wide Web.
"Sa vision technologique nous a permis de créer des pans de nouvelles industries qui ont transformé de très grandes parties de la vie. C’est un honneur de l’accueillir chez Google", a déclaré Eric Schmidt, CEO du groupe californien qui exploite le plus célèbre moteur de recherche.

Mission : étudier l’Internet nouvelle génération
Vinton Cerf a pour mission d’étudier le développement des infrastructures de réseaux, des standards et des applications Internet de nouvelle génération pour le compte de Google.

Parallèlement, cette personnalité du Web gardera ses fonctions de président de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), l’organisme chargé de la supervision mondiale des noms de domaine.

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