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A paraître : Une plaine en devenir (synopsis)

mercredi 21 juin 2017, par Luc Blanchard

Lancé en 2010, le projet de planter une forêt sur la plaine de Pierrelaye-Bessancourt doit être validé en 2018.

Pour comprendre les tenants et aboutissants de cette histoire, il faut remonter au Second empire, côtoyer le baron Haussmann et ses ingénieurs, faire connaissance avec Eugène Bélier, maire de Méry-sur-Oise en 1864.

A l’époque, la plaine devait abriter un immense cimetière, la nécropole parisienne. Le projet fut abandonné et la ville de Paris installa une ferme modèle sur les terres qu’elle avait acquises. Un système hydraulique perfectionné permettait d’engraisser les terres grâce à l’eau des égouts. Pendant un siècle, l’épandage des eaux brutes fit la richesse de la plaine. Son sol sableux, quasiment improductif, devint riche et fécond.

Cela n’empêcha pas le développement de l’urbanisation, le renforcement des réseaux de transport, la création de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, l’implantation de zones industrielles et logistiques... mais la plaine de Pierrelaye-Bessancourt restait, pour l’essentiel, une plaine agricole.

Ce n’est qu’en 1997 que des associations de défense de l’environnement lancent l’alerte. Elles s’inquiètent de ce que les eaux d’égout, en plus de l’engrais humain, charrient des polluants que les plantes absorbent. Rapidement, le principe de précaution est appliqué, les cultures maraîchères sont interdites. Les scientifiques suggèrent alors de cultiver du maïs pour l’alimentation animale. On croit la plaine sauvée. L’accalmie est en réalité de courte durée. En 2004, un insecte ravage les champs de maïs et les autres cultures non alimentaires s’avèrent difficilement rentables.

La plaine vivote, squattée par les gens du voyage, parsemée de dépôts sauvages d’ordures, incontrôlable. C’est dans ce contexte, mais aussi dans celui de la création du Grand Paris, que s’inscrit le projet de forêt. Pour faire face au réchauffement climatique et à l’érosion de la biodiversité, la métropole veut se doter d’une ceinture verte. Boiser 1 300 hectares, sur les 2 000 hectares que compte la plaine, permettrait de mailler la forêt de Montmorency et celle de Saint-Germain. De créer des continuités écologiques et de participer à la qualité de vie de la région capitale. C’est un véritable projet de territoire à l’horizon 2030 qui est en débat.