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La charte d’Amiens

octobre 1999

Par Jean Maitron dans Le mouvement anarchiste en france, des origines à 1914, collection tel, Gallimard.

Trois grands courants se manifeste à Amiens (en 1906) : le premier syndicaliste réformiste, avec Couprat, Niel, Keufer, s’affirme partisan d’une neutralité absolue et réduit le rôle du syndicat aux questions purement professionnelles ; Renard au nom du second, déclare que l’apolitisme est un leurre, que la CGT, en préchant l’antipatriotisme, l’antimilitarisme et l’abstentionnisme électoral, fait de la politique, et qu’en conséquence il faut reconnaître aux socialistes le droit de mener propagande dans le syndicat en faveur de leur propre doctrine. Il se déclare de plus favorable à l’établissement de liens étroits entre CGT et Parti socialiste. Pour le troisième courant, représenté par le bureau confédéral, le syndicalisme se suffit à lui même et suffit à tout. La CGT, doit donc être un groupement ouvrier autonome. Jalouse de son indépendance, sûre de la force qu’elle représente, convaincue également de sa supériorité en tant que forme d’organisation, puisqu’elle groupe exclusivement des salariés, alors que les partis réunissent dans leur sein des classes sociales différentes, elle s’affirme avec l’intransigeance d’un mouvement jeune qui ne doute pas de son destin. Le congrès dans sa presque unanimité, devait d’ailleurs faire confiance au bureau confédéral en se prononçant, par 834 voix sur 843 votants, en faveur de l’ordre du jour présenté par Griffuelhes et connu sous le nom de Charte d’Amiens.

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